Home Assistant est depuis de nombreuses années la solution préférée des passionnés de tech pour la domotique. Peu connue du grand public, elle est aussi peu déployée par les professionnels, qui lui préfèrent des solutions propriétaires, rigides et peu compatibles.

En réalité, c’est simplement parce que la majeure partie des personnes qui déploient de la domotique sont des électriciens. C’est un peu comme demander au plombier de choisir votre vin : il connaît parfaitement les tuyaux, beaucoup moins ce qui coule dedans.

Qu’est-ce que Home Assistant ?

Home Assistant est un logiciel gratuit et open source qui sert de chef d’orchestre à votre maison. Il s’installe sur un petit boîtier chez vous et fait dialoguer des équipements qui, d’habitude, s’ignorent : panneaux solaires, chauffe-eau, borne de recharge, caméras, volets, éclairage, thermostat, enceintes… Plus de 3 000 marques et services sont compatibles, quel que soit le fabricant.

Sa force : tout fonctionne en local. Vos données restent chez vous, et la maison continue de tourner même si Internet tombe. Le projet est porté par une communauté mondiale et, depuis 2024, par une fondation à but non lucratif, l’Open Home Foundation. Plus de deux millions de foyers l’utilisent déjà.

Concrètement, vous décrivez des règles du type « quand il se passe ceci, et si cela est vrai, alors fais ça ». Et depuis peu, une de ces règles peut consister à demander l’avis d’une intelligence artificielle.

Un monde qui évolue à vitesse grand V

Dans ce nouveau monde qui évolue à vitesse grand V, Home Assistant et son principe open source et communautaire démontrent leur puissance et leur pertinence.

Petite démonstration avec ce que j’ai intégré récemment chez moi, de l’intégration la plus simple à la plus complexe.

Énergie : le chauffe-eau qui lit la météo

On le sait, le chauffe-eau absorbe une part importante de la consommation électrique d’un foyer : entre 10 et 15 % en moyenne, et bien plus dans une grande famille. Chez nous, à cinq avec un ballon de 300 litres, il représentait 30 % de la facture. Et pourtant, dans la grande majorité des cas, on a une installation binaire. Le chauffe-eau s’allume en heures creuses, pour 3 ou 4 heures. Aucune intelligence là-dedans.

Ce que j’ai fait ? J’ai installé des panneaux solaires, 4 kW. Pas une installation énorme, mais suffisante si on optimise cette puissance. Sur mon Home Assistant, j’ai installé une application qui permet de prévoir la production solaire du lendemain en fonction de la météo, de mon orientation, etc.

Chaque soir, une automatisation détermine si ma production pourra faire tourner le chauffe-eau avec suffisamment de puissance pour être en dessous du prix des heures creuses de la nuit. Si oui, elle annule le déclenchement du soir et le programme pour midi le lendemain.

Cette seule automatisation, 100 % gratuite, me permet de réduire ma facture de 20 %.

Chauffage, jours Tempo, piscine, électroménager : tous les leviers pour réduire sa facture d’électricité sont détaillés ici.

Énergie : la voiture qui roule au soleil

Dans le même domaine de l’électricité : forcément, qui dit panneaux solaires dit voiture électrique. Et même principe, ma borne Autel est connectée à mon Home Assistant.

Quand je branche ma voiture, une automatisation analyse chaque minute ma production solaire et la consommation de ma maison. Si un surplus permet de charger la voiture, elle la charge. Sinon, elle la chargera en heures creuses ou attendra le soleil, en fonction de ce que je lui demande.

Par exemple, vous pouvez lui dire de toujours maintenir votre batterie à plus de 50 %, si c’est ce qui vous permet de faire vos déplacements quotidiens, de vous rendre à l’hôpital le plus proche en cas d’urgence, etc. Et de gérer le reste pour une recharge à 0 €.

Encore une fois, tout cela coûte 0 € par mois. Le détail de cette intégration est présenté ici. Et pour tout savoir sur la recharge pilotée, modes, IA et batterie : lisez notre guide complet.

Sécurité : des caméras enfin utiles

On change de domaine, on passe à la sécurité. On a quasiment tous aujourd’hui au moins une caméra connectée. Après quelques jours, passée la satisfaction de montrer aux copains les alertes de mouvement, on finit par désactiver les notifications. On en a marre de recevoir une alerte pour un chat, ou dix par minute quand un enfant joue dans le jardin. La caméra n’a donc quasiment plus d’intérêt.

Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai connecté mes caméras Reolink à Home Assistant, et j’ai lié mon compte Claude. Mais ça marche aussi avec ChatGPT ou un autre.

Aujourd’hui, quand un mouvement est détecté, une première analyse par l’IA est faite :

  • si elle détecte que l’on fait un barbecue dans le jardin, elle met en pause les alertes pour 2 heures, avant une nouvelle analyse ;
  • si elle détecte un enfant seul, elle s’assure par exemple que le portail est bien fermé ;
  • si une voiture entre dans le parking, elle est capable de reconnaître si c’est une voiture du foyer, ou de vous prévenir.

Récemment, j’avais rendez-vous avec un plombier pour un dépannage. Quand il est arrivé, j’ai reçu une notification : « Le plombier est là ». Comment ? L’IA a lu le nom sur le camion, et le mot « plombier » juste en dessous. Tout simplement. L’histoire complète est ici.

Barbecue, colis, mode absence, vie privée : le guide complet pour rendre ses caméras réellement intelligentes.

Des dizaines d’autres

Des intégrations comme celles-ci, j’en ai des dizaines. Mais je ne vais pas tout vous donner aujourd’hui. On y reviendra.

L’IA ouvre des possibilités immenses pour les entreprises, on en parle souvent. Mais on parle peu des progrès qu’elle apporte aux particuliers : les économies d’énergie, la sécurité, etc.

Vous voulez savoir ce qui est possible chez vous ? Demandez votre audit gratuit : un appel de 15 à 30 minutes pour faire le tour de votre installation.

Sources

Anthony Bressy

À propos de l’auteur

Anthony Bressy

J’ai tapé mes premières lignes de code à 10 ans. Chaque matin, je passe une à deux heures à découvrir, tester et déployer de nouvelles technologies.

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