Réduire sa facture d’électricité grâce à l’IA et à Home Assistant
Chauffe-eau qui lit la météo, chauffage qui anticipe, machines qui attendent le soleil ou les heures creuses, jours rouges Tempo évités : la maison peut enfin dépenser moins sans que vous y pensiez.

La facture d’électricité ne cesse d’augmenter, et pourtant la plupart des maisons consomment exactement comme il y a vingt ans. Le chauffe-eau s’allume à heure fixe, le chauffage tourne quand personne n’est là, le lave-linge démarre en pleine journée de pointe. Personne n’est en cause : il est tout simplement impossible de surveiller tout cela à la main.
C’est précisément là que Home Assistant et l’intelligence artificielle changent la donne. La maison mesure, comprend et décide à votre place, selon les règles que vous lui donnez. Voici les leviers qui comptent vraiment, du plus rentable au plus subtil.
Première étape : voir où part l’électricité
On ne réduit bien que ce que l’on mesure. Votre compteur Linky connaît votre consommation, mais il ne vous dit pas qui consomme quoi, ni à quelle heure.
Avec Home Assistant, quelques capteurs suffisent :
- un module sur la prise téléinfo du Linky, qui remonte la consommation de la maison en temps réel ;
- des pinces de mesure Shelly dans le tableau électrique, pour suivre les gros postes : chauffe-eau, chauffage, pompe à chaleur, piscine ;
- des prises connectées avec mesure de puissance pour les appareils du quotidien : congélateur, box, téléviseur, déshumidificateur.
Home Assistant intègre un tableau de bord de l’énergie qui affiche tout cela heure par heure. Et c’est là que l’IA devient utile : au lieu de décortiquer des courbes, vous posez simplement la question. « Pourquoi ma consommation a-t-elle augmenté ce mois-ci ? » L’assistant lit l’historique et vous répond : le congélateur du garage tourne deux fois plus qu’en septembre, son joint est peut-être fatigué.
Les veilles, à elles seules, pèsent environ 11 % de la facture d’un foyer moyen selon l’ADEME. Une box, un décodeur, une console, une imprimante qui ne s’éteignent jamais. Une automatisation qui coupe les prises la nuit et pendant vos absences récupère ce gaspillage sans effort.
Le chauffe-eau : le premier poste à piloter
Le chauffe-eau représente en moyenne 10 à 15 % de la facture d’électricité d’un foyer. Dans une grande famille, c’est bien plus : chez nous, à cinq avec un ballon de 300 litres, il représentait 30 % de la facture. Et pourtant, dans la grande majorité des cas, l’installation est binaire : il s’allume en heures creuses, pour 3 ou 4 heures. Aucune intelligence là-dedans.
Chez moi, avec 4 kW de panneaux solaires, une intégration de prévision solaire estime chaque soir la production du lendemain. Si elle suffit à faire tourner le chauffe-eau pour moins cher que les heures creuses de la nuit, l’automatisation annule le déclenchement du soir et le reprogramme pour midi. Cette seule automatisation, 100 % gratuite, réduit ma facture de 20 %.
Sans panneaux solaires, le chauffe-eau se pilote quand même :
- s’assurer qu’il ne chauffe que pendant les heures creuses, ce qui n’est pas toujours le cas ;
- adapter la chauffe au nombre de personnes présentes : inutile de chauffer 300 litres pendant les vacances ;
- relancer une chauffe uniquement quand l’eau est réellement descendue en température, si le ballon est équipé d’une sonde.
Un point de vigilance : ne descendez pas la consigne sous 55 °C. En dessous, le risque de développement de légionelles augmente.
Le chauffage : chaque degré compte
Le chauffage reste, de loin, le plus gros poste d’énergie d’un logement. Selon l’ADEME, baisser la température d’un seul degré réduit la consommation de chauffage d’environ 7 %.
Home Assistant pilote des radiateurs électriques par fil pilote, des têtes thermostatiques ou une pompe à chaleur. Les automatisations classiques font déjà beaucoup :
- baisser le chauffage dans les pièces inoccupées et la nuit ;
- couper le radiateur quand une fenêtre est ouverte, grâce à un simple capteur d’ouverture de porte ou de fenêtre qui coûte quelques euros ;
- baisser le chauffage de toute la maison dès que tout le monde est parti, et le relancer juste avant votre retour.
L’IA va plus loin, parce qu’elle comprend le contexte. Elle lit votre agenda et sait que vous télétravaillez demain, ou que vous partez trois jours. Elle croise la prévision météo : une journée ensoleillée s’annonce, inutile de chauffer fort le salon exposé plein sud dès 7 h. Et si vous avez une pompe à chaleur, l’IA peut la faire tourner en milieu de journée, au moment où elle est la plus efficace et où vos panneaux produisent.
Les jours rouges Tempo : éviter les heures les plus chères
L’offre Tempo d’EDF propose des prix très bas 300 jours par an, mais impose 22 jours rouges entre novembre et mars. Ces jours-là, le kilowattheure en heures pleines coûte autour de 0,73 €, soit plus de quatre fois le prix d’un jour bleu.
Bien gérée, c’est l’une des offres les plus avantageuses. Mal gérée, elle peut coûter cher. Home Assistant récupère chaque soir la couleur du lendemain et prépare la maison :
- la veille d’un jour rouge, le chauffe-eau chauffe au maximum en heures creuses ;
- la maison est légèrement surchauffée la nuit, puis le chauffage baisse d’un ou deux degrés en journée ;
- le lave-linge, le sèche-linge et la recharge de la voiture sont reportés automatiquement au lendemain ;
- une notification vous prévient : « Demain, jour rouge. J’ai décalé la lessive et la recharge. »
L’électroménager : attendre le bon moment
Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge : ces appareils n’ont pas besoin de tourner tout de suite, ils ont besoin d’avoir fini au bon moment. Vous les préparez, et Home Assistant les lance quand l’électricité est la moins chère : en plein soleil si vous avez des panneaux, en heures creuses sinon.
Une prise avec mesure de puissance suffit souvent, même sur un appareil ancien. Bonus : quand la consommation retombe, la maison sait que le cycle est terminé et vous prévient. Fini le linge oublié dans la machine.
La piscine et la climatisation : les gros consommateurs de l’été
En Corse comme dans tout le Sud, la pompe de filtration de la piscine et la climatisation font exploser la consommation estivale.
La pompe de filtration est l’exemple parfait d’un équipement à piloter. En général, on règle la minuterie une fois, au printemps, et on n’y touche plus de la saison. Pourtant, la règle habituelle veut qu’on filtre autant d’heures que la température de l’eau divisée par deux : une eau à 28 °C demande 14 heures de filtration, une eau à 20 °C seulement 10.
Or la température de l’eau varie beaucoup au fil de la saison. En début et en fin de saison, les nuits plus fraîches la font baisser de plusieurs degrés. Une vague de chaleur en plein été la fait grimper. Une minuterie fixe filtre donc trop la plupart du temps, et pas assez lors des grosses chaleurs, au moment où l’eau risque de verdir.
Avec une simple sonde de température dans le circuit, Home Assistant affine le réglage chaque jour :
- il recalcule la durée de filtration selon la température réelle de l’eau ;
- il tient compte de la météo des jours à venir : une vague de chaleur annoncée, il filtre davantage ;
- il augmente la filtration après un orage ou une journée de forte baignade ;
- si vous avez des panneaux solaires, il place ces heures au moment où ils produisent le plus.
Résultat : la pompe tourne juste ce qu’il faut, et l’eau reste claire.
Pour la climatisation, l’essentiel se joue avant même de l’allumer : une maison qui ne laisse pas entrer la chaleur a beaucoup moins besoin d’être rafraîchie. Et là encore, les volets roulants pilotés par Home Assistant font une vraie différence :
- fermer les volets côté soleil avant que la chaleur n’entre, en fonction de l’orientation de chaque fenêtre et de l’heure ;
- fermer automatiquement tous les volets quand vous partez : la porte est verrouillée et la voiture n’est plus sur le parking ? La maison se ferme, et reste fraîche jusqu’à votre retour ;
- rouvrir en fin de journée quand l’air extérieur redevient plus frais que l’intérieur, pour laisser la maison respirer ;
- couper la clim quand une baie vitrée est ouverte, grâce au même capteur d’ouverture à quelques euros ;
- lancer la clim au bon moment : juste avant votre retour plutôt que toute la journée, et pendant les heures de production si vous avez des panneaux solaires.
L’hiver, la même logique joue dans l’autre sens. Les volets oubliés ouverts se ferment automatiquement à la tombée de la nuit, et gardent la chaleur à l’intérieur. Le matin, ceux exposés au soleil s’ouvrent pour profiter de ce chauffage gratuit.
Ce que l’IA apporte vraiment
Beaucoup de ces automatisations existaient avant l’IA. Mais elles reposaient sur des règles rigides, longues à écrire et à maintenir. L’IA change trois choses :
- elle comprend le contexte : agenda, météo, présence, habitudes, sans qu’il faille tout prévoir à l’avance ;
- elle explique ses choix : vous savez pourquoi le chauffe-eau a tourné à midi, et combien vous avez économisé ;
- elle se parle en français : « baisse le chauffage, on part en week-end jusqu’à dimanche », et la maison s’organise.
Et l’essentiel reste local : Home Assistant tourne chez vous, vos données de consommation ne quittent pas la maison. Seules les questions posées à l’IA passent par un service extérieur, pour quelques centimes par mois, ou par un modèle installé localement si vous préférez.
Par où commencer ?
- Mesurer : un module téléinfo sur le Linky et quelques prises connectées.
- Piloter le chauffe-eau : c’est le meilleur rapport effort-économie.
- Automatiser le chauffage : présence, fenêtres, absences.
- Aller plus loin : Tempo, solaire, piscine, voiture électrique.
Chaque maison est différente, et les économies dépendent de votre installation. Vous voulez savoir ce qui est possible chez vous ? Demandez votre audit gratuit : un appel de 15 à 30 minutes pour faire le tour de votre installation.
À lire aussi : Home Assistant dopé à l’IA : comment rendre sa maison réellement intelligente.
Sources
- Part du chauffe-eau dans la consommation : TotalEnergies, Thermor
- Part des veilles, d’après l’ADEME : SeLoger
- Jours et tarifs Tempo : Selectra
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