Optimiser la recharge de sa voiture électrique avec Home Assistant et l’IA
Une borne pilotée par Home Assistant, des pinces Shelly et une prévision solaire : la voiture se recharge avec le surplus des panneaux, garde toujours l’autonomie dont vous avez besoin, et la recharge coûte 0 € par mois.

Qui dit panneaux solaires dit, forcément, voiture électrique. Et pourtant, la plupart des installations ne se parlent pas. Les panneaux produisent à midi, la voiture est branchée le soir, et la borne charge à pleine puissance dès qu’on la branche, que le courant vienne du toit ou du réseau. Le surplus de la journée, lui, part sur le réseau, racheté quelques centimes.
Chez moi, la borne Autel est connectée à Home Assistant. Quand je branche ma voiture, une automatisation analyse chaque minute ma production solaire et la consommation de ma maison. Si un surplus permet de charger la voiture, elle la charge. Sinon, elle la chargera en heures creuses ou attendra le soleil, en fonction de ce que je lui demande. Et tout cela coûte 0 € par mois.
Pourquoi charger au soleil change tout
Un trajet quotidien de 40 km consomme en moyenne 6 à 8 kWh. Une installation de 4 kW, comme la mienne, produit souvent davantage que cela en surplus une belle journée, une fois la maison servie. Autrement dit, une grande partie des déplacements du quotidien peuvent se faire avec une énergie que l’on aurait, de toute façon, donnée au réseau.
La différence est énorme : charger en heures creuses coûte une quinzaine de centimes le kilowattheure, charger avec son surplus ne coûte rien. Sur une année, pour un usage quotidien, l’économie se compte en centaines d’euros.
Les briques de l’installation
- Home Assistant, le chef d’orchestre : il reçoit toutes les mesures et prend les décisions.
- Une intégration de prévision solaire : à partir de la météo, de l’orientation et de l’inclinaison de vos panneaux, elle estime la production des heures et du jour à venir.
- Des pinces Shelly dans le tableau électrique : elles mesurent en temps réel ce qui entre et sort de la maison. C’est grâce à elles que l’on sait s’il y a un surplus.
- Une borne pilotable : la mienne est une Autel, mais beaucoup de bornes récentes se pilotent, notamment celles compatibles avec le protocole ouvert OCPP. Home Assistant peut alors la démarrer, la mettre en pause et ajuster sa puissance.
- En option, l’intégration de votre voiture : de nombreux constructeurs permettent de lire le niveau de batterie, ce qui rend les décisions beaucoup plus fines.
Comment fonctionne la charge au surplus
Chaque minute, Home Assistant fait le calcul : production des panneaux moins consommation de la maison. S’il reste assez de puissance, la borne démarre et sa puissance suit le soleil. Un nuage passe, le four se met en route ? La charge ralentit ou se met en pause, puis reprend dès que le surplus revient.
Un détail technique à connaître : une borne ne descend pas sous 6 ampères, soit environ 1,4 kW en monophasé. En dessous de ce surplus, l’automatisation doit choisir : attendre, ou compléter avec un peu de réseau. C’est à vous de fixer la règle.
Trois modes, selon vos besoins
- Soleil uniquement : la voiture ne charge qu’avec le surplus. Idéal si elle reste à la maison en journée.
- Minimum garanti : par exemple, toujours maintenir votre batterie à plus de 50 %, si c’est ce qui vous permet de faire vos déplacements quotidiens, de vous rendre à l’hôpital le plus proche en cas d’urgence, etc. En dessous de ce seuil, la voiture charge tout de suite. Au-dessus, la maison gère le reste pour une recharge à 0 €.
- Heures creuses : quand le soleil ne suffit pas, la charge se fait la nuit, au meilleur prix. Avec l’offre Tempo, Home Assistant évite automatiquement les jours rouges, où le kilowattheure en heures pleines dépasse 0,70 €.
Ce que l’IA ajoute
Les règles ci-dessus fonctionnent très bien seules. L’IA les rend plus intelligentes, parce qu’elle comprend ce que vous allez faire :
- elle lit votre agenda : un rendez-vous à 150 km demain matin ? Elle sait que le soleil ne suffira pas d’ici là, et complète la charge cette nuit en heures creuses ;
- elle croise la météo : trois jours de pluie annoncés, elle ne compte pas sur le soleil et sécurise votre autonomie ;
- elle répond à vos questions : « Est-ce que je peux faire l’aller-retour à Ajaccio demain sans recharger ? » ;
- elle vous explique ses choix : « Charge en pause, le surplus est tombé sous 1,4 kW. Reprise prévue vers 13 h. »
Et quand il fait froid, la même maison peut préchauffer l’habitacle avant votre départ, pendant que la voiture est encore branchée. Cette intégration est présentée ici.
Préserver la batterie
Charger moins fort, et plus souvent, ménage la batterie. La charge au surplus s’y prête naturellement. Home Assistant peut aussi plafonner la charge du quotidien à 80 % et ne monter à 100 % que la veille d’un long trajet, si c’est ce que recommande le constructeur de votre voiture.
Ce que ça coûte
Home Assistant est gratuit, l’intégration de prévision solaire aussi. Il faut compter des pinces Shelly, quelques dizaines d’euros, et une borne pilotable. Si votre borne actuelle ne l’est pas, un module de délestage ou une borne compatible OCPP peut faire l’affaire. Ensuite, tout cela coûte 0 € par mois.
Le détail de mon installation, minute par minute, est présenté ici.
Chaque installation est différente : puissance des panneaux, type de borne, monophasé ou triphasé, habitudes de trajet. Vous voulez savoir ce qui est possible chez vous ? Demandez votre audit gratuit : un appel de 15 à 30 minutes pour faire le tour de votre installation.
À lire aussi : Réduire sa facture d’électricité grâce à l’IA et à Home Assistant.
Sources
- Jours et tarifs Tempo : Selectra
- Protocole OCPP : Open Charge Alliance
On commence gratuitement par un audit au téléphone, de 15 à 30 minutes.
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